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Une saison en enfer: Tristan Ranx et le livre maudit

Il paraîtrait qu’il serait le nouveau Little. Je ne l’espère pas pour lui; en tout cas, le site Fluctuat.net n’est pas avare de compliments en ce qui concerne Tristan Ranx et son premier roman inédité (inéditable?), La cinquième saison du monde. Il nous offre même quelques extraits du livre à venir.

Tristan Ranx (à droite)Tristan Ranx (à droite)

Je n’espère pas que Ranx soit le « nouveau » Little parce que UN Little ça suffit déjà (encore qu’avec le père, on en soit déjà à deux!), et deuxièmement parce qu’il serait bien plus intéressant que Ranx se fasse connaître pour lui-même et sa propre originalité. Car original, il l’est. Et son roman se penche sur un épisode de la Première Guerre Mondiale qui m’a toujours passionné: le siège et la création de l’Etat Libre de Fiume par Gabriele D’Annunzio, le poète et militaire italien.

Le 12 septembre 1919, D’Annunzio pénètre dans Fiume à la tête d’une troupe de soldats anarcho-fascistes et créé la ville-Etat de Fiume. Ils seront renversés un an plus tard, mais entre temps, D’Annunzio aura tenu tête à l’Europe. Ranx analyse cette période d’apocalypse et de griserie folle en suivant l’évolution d’un personnage fictif, Enzo Cellini, qui fera partie de l’épopée de D’Annunzio.

Ce livre aurait dû être publié il y a plus d’un an – il aurait d’ailleurs suscité l’enthousiasme des critiques et des éditeurs qui ont eu la chance de lire le manuscrit. Il n’a pas été publié à cause de soupçons planant sur la visée idéologique du livre; Baptiste Liger, du magazine Lire, témoigne:  » Il y a eu de longues et houleuses discussions. Une partie du comité de lecture [du Seuil] était très favorable mais quelques membres ont eu une réaction épidermique, d’ordre idéologique. Ils ont trouvé que le roman ne prenait pas assez de distances par rapport au mouvement futuriste, une école de pensée qui a selon eux mené au fascisme.  » Sa vautrer dans l’ignominie comme l’a fait Little dans ses Bienveillantes ne choque personne chez Gallimard, par contre. On se demande bien comment ces gens lisent les manuscrits qu’ils reçoivent… (d’autres arrivent véritablement à percer la valeur littéraire d’un texte, et pour une fois, ce sont les anglo-saxons qui nous donnent une vraie leçon de critique littéraire).

Ranx aurait enfin signé chez Max Milo. On attendra donc avec impatience la sortie de La cinquième saison du monde, mais en attendant je conseillerais aux anglophones de se procurer The Book of Virgins de Gabriele D’Annunzio, petit chef-d’oeuvre de fragilité et de cruauté.

Gabriele DAnnunzio, The Book of VirginsGabriele D’Annunzio, The Book of Virgins

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  1. Pascal
    février 26, 2010 à 1:52

    Littell et non Little. Si tu n’aime pas les beaux nazis homos, n’en dégoute pas les autres.

  2. jonathanfrances
    février 26, 2010 à 12:27

    « Little »: quel lapsus… révélateur. Je préfère quand même Little à Littel désolé – donc je ne corrige pas. Et je te laisse les beaux nazis homos (chacun ses sales goûts, paraît-il!).

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