Accueil > littérature > Femmes, alcool, courses et… triage de lettres. Le (non-) sens de la vie selon Bukowski.

Femmes, alcool, courses et… triage de lettres. Le (non-) sens de la vie selon Bukowski.

« It’s not a new story about how women descend upon a man. »

Charles Bukowski, Post Office, p.143

Post Office est très certainement le roman le plus connu de l’écrivain américain Charles Bukowski, roman qui l’a propulsé à un niveau de renommé international, et qui en a fait de lui l’un des écrivains les plus copiés et (donc) influents des quarante dernières années. Le roman conte la descente aux enfers personnels de Hank Chinaski, double littéraire de l’auteur, qui passe son temps à boire, baiser et jouer aux courses, et dont la faute (une quasi hamartia, puisque Chinaski avoue dès les premières pages s’être engagé pour rencontrer des femmes en leur donnant leur courrier et ainsi get into their pants!) fut de s’engager (par deux fois) dans les services de la Poste. Tiraillé entre les feux croisés de chefs de service tyranniques, de femmes plus ou moins fatales, et d’alcool toujours plus fort, Chinaski tombe progressivement dans l’engrenage d’une administration devenue folle, et qui détruit les hommes qui travaillent pour elle, les soumettant à des conditions de travail impossibles à tenir.

Bukowski réussit à transformer sa propre expérience dans les services de la Poste californienne en métaphore quasi-kafkaïenne de la structure aux règles d’airain qui brise un homme. Mais Chinaski, à la différence des personnages de Kafka, préfère quand même l’alcool et les femmes à la torture mentale et à la dépression, ce qui donne un ton très humoristique à certains passages du livre (la citation de Uncut sur la couverture: « One of the funniest books ever written » est tout de même exagérée!).

Bref, Post Office est à lire en tant qu’introduction à l’oeuvre de Bukowski, auteur influent s’il en est, puisque le dernier en date de ses avatars est le héros de la série Californication, Hank Moody (référence à Hank Chinaski), sorte de Bukowski light, dont la chaîne Showtime a édité le best-seller fictionnel God Hates Us All, qui est une déception en soi, car si dans la série ce bouquin est un hit littéraire qui couronne l’écrivain de talent Hank Moody, le véritable livre est assez pauvre, en style comme en humour. Il est intéressant de voir que c’est la première fois qu’on édite le livre fictionnel d’un auteur fictionnel, mais ça s’arrête là.  A éviter donc.

Hank Moody, God Hates Us All, Showtime, 10,66 euros.

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  1. Aucun commentaire pour l’instant.
  1. juin 2, 2010 à 5:23
  2. janvier 2, 2011 à 7:43

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