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Chroniques amoureuses d’un vieux dégueulasse: Women de Charles Bukowski.

Voici un extrait de Women de Charles Bukowski, que je viens de terminer. Il n’y a pas de véritable récit dans ce livre, qui raconte la vie du poète Hank Chinaski (double fictionnel de Bukowski) qui se résume à boire, baiser, boire, baiser, boire, boire, ne plus arriver à baiser, arrêter (pour un soir) de boire, re-baiser, boire, boire, baiser, etc. On avouera tout de suite que le procédé est légèrement répétitif (!), mais on se laisse prendre par l’écriture du ‘dirty old man’, comme il se définissait lui-même. La véritable histoire est contée en filigrane, le long des récits in extenso des cuites et parties de jambes en l’air de Chinaski: c’est le récit de la montée vers la célébrité du poète Chinaski, célébrité tardive car elle commence alors qu’il a déjà cinquante ans bien sonnés, mais qui lui apporte de l’argent (pour acheter de l’alcool) et surtout des femmes, qui viennent à lui comme par enchantement. C’est aussi l’histoire d’une obsession destructrice qui est contée dans ces pages, car Chinaski sabote finalement toutes ses relations à cause de son appétit féminin inextinguible. Seule la fin laisse entrevoir un changement possible, lorsque dans le dernier paragraphe Hank récupère un vieux matou des rues, et lui donne du thon et de l’eau. Ce vieux matou, c’est un double de Chinaski lui-même, et le changement de l’alcool à l’eau, de l’eau-de-vie à l’eau de la vie en somme, amorce le processus de dressage dont même Chinaski avait dans le fond besoin…

« I was sentimental about many things: a woman’s shoes under the bed; one hairpin left behind on the dresser; the way they said, « I’m going to pee… »; hair ribbons; walking down the boulevard with them at 1:30 in the afternoon, just two people walking together; the long nights of drinking and smoking, talking; the arguments; thinking of suicide; eating together and feeling good; the jokes, the laughter out of nowhere; feeling miracles in the air; being in a parked car together; comparing past loves at 3 AM; being told you snore, hearing her snore; mothers, daughters, sons, cats, dogs; sometimes death and sometimes divorce, but always carrying on, always seeing it through; reading a newspaper alone in a sandwich joint and feeling nausea because she’s now married to a dentist with an IQ of 95; racetracks, parks, park picnics; even jails; her dull friends, your dull friends; your drinking, her dancing; your flirting, her flirting; her pills, your fucking on the side, and her doing the same; sleeping together… »

Women, p.227

Charles Bukowski, Women, Ecco, 9.94.

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  1. décembre 14, 2009 à 1:57

    I LOOOOOOOOOOOOOVe Mr. Bukowski!

  2. Colette
    janvier 2, 2010 à 8:52

    Magnifique! Merci pour ce passage, d’autant plus fort dans sa version originale. Bukowski,le plus amoureux des femmes, cet extrait est une puissante déclaration.

  3. jonathanfrances
    janvier 3, 2010 à 7:10

    Oui ce passage est vraiment très beau, par sa simplicité; la liste de ce qu’il aime chez une femme, et des petits travers des couples est très bien faite, et dans ces lignes résonne le livre tout entier…

  4. F
    novembre 28, 2010 à 6:16

    Excellente idée de rendre hommage à ce vieux dégueulasse et à cette oeuvre si particulière. J’en ai repris un petit extrait également mais en version française.

  1. janvier 2, 2011 à 7:43

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