Accueil > littérature > Satire chronique: La troisième chronique du règne de Nicolas 1er, de Patrick Rambaud

Satire chronique: La troisième chronique du règne de Nicolas 1er, de Patrick Rambaud

Rambaud nous aura habitué à mieux. Bien mieux – La troisième chronique du règne de Nicolas 1er est, comme son nom l’indique, le troisième volume de cette longue satire anti-sarkoziste (antinicoliste, dirait l’auteur) narre les évènements politiques vécus en France ces derniers mois: le fichier Edwige, la Crise, l’élection d’Obama, etc. etc., le tout raconté comme dans les deux premières chroniques dans le style de Saint-Simon ou du cardinal de Retz parlant de Louis XIV. Rambaud suit ici l’illustre exemple d’André Ribaud et de sa chronique « La Cour », qui racontait de la même façon le « règne » du « roi » Charles de Gaulle…

La nouveauté intrigue et passionne; la répétition, elle, endort et ennuie. Si les deux premiers tomes des chroniques étaient raffraîchissants, on peut arguer du fait que ce tome-ci manque le mordant des deux premiers, tout d’abord parce qu’on connaît la technique de l’auteur (nous raconter des évènements de l’actualité en les travestissant  de costumes du XVIème siècle, parodier les noms des différents ministres (la baronne d’Ati, le comte d’Orsay – je vous laisse deviner, le chevalier Guaino, le chevalier Dray), donner de toujours aussi hilarants surnoms à ce Nicolas 1er si détesté: « Notre Gigotant Monarque », « Notre Bondissant Leader », « Notre Chatoyant Souverain », etc.) et parce qu’on sent que l’auteur lui-même se lasse de l’exercice qu’il s’est lui-même infligé: écrire une chronique par année de « règne ». Et si Sarkozy est réélu en 2012, y a-t-il pensé, Rambaud? Il n’en a pas fini avant longtemps!

Enfin, on a quand même aimé quelques fulgurances dans le livre, notamment le théorème de Picabia (p.58), assez hilarant, le portrait du Chevalier Guaino en imbécile complet, qui pioche toutes ses références dans les albums de Tintin qu’il promène avec lui partout,  le portrait du Chevalier Le Febvre, qui vaut son pesant de cacahouètes, et bien évidemment – et avant toutes autres choses – le style de l’auteur, tout en grâce, finesse et acidité.

Exemple (p.14):

« Le Prince était à table avec des ministres et des élus quand le maître d’hôtel lui demanda:

– Que voudra Sa Majesté pour le déjeuner?

– Un steak.

– Et pour les légumes, Sire?

Le Prince passa lentement les yeux sur toute la compagnie:

– Des steaks aussi. »

Les inconditionnels de Rambaud se seront déjà jetés sur ce volume, pour les autres je conseillerais de lire tout d’abord les deux premiers tomes. Celui-ci n’est pas essentiel – surtout qu’il y en aura d’autres…

La troisième chronique du règne de Nicolas 1er, Patrick Rambaud, Grasset, 14 euros.

Publicités
  1. Aucun commentaire pour l’instant.
  1. No trackbacks yet.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :