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Une parodie de Houellebecq

Michel Houellebecq (©Mariusz Kubik)

Le (très bon) site d’information culturelle Fluctuat.net a lancé, il y a deux semaines, un concours de pastiches d’incipits de Houellebecq, en prémisse à la sortie de son nouveau roman, La carte et le territoire. D’après ce que l’on sait pour l’instant, Houellebecq mettra en scène dans son nouveau livre une foule de personnages, dont un artiste contemporain exposant des cartes Michelin, et l’auteur Houellebecq lui-même. Comme j’ai eu l’heureux plaisir de voir qu’un texte parodique que je leur ai envoyé a été publié sur leur site, j’ai décidé de reproduire ici mon incipit de La carte et le territoire.

« Dégage de là gros dégueulasse. »

Jamais je n’aurais cru que de tels mots pussent sortir d’une si jolie bouche, même si cette bouche, aux lèvres fines et roses, aurait pu figurer dans le Larousse en tant qu’illustration de l’expression bouche à pipe. La jeune femme à qui appartenait cette jolie bouche, une rousse un peu pétasse, se détourna de moi en faisant une moue dégoutée et alla poser son cul moulé dans cette robe noire à paillette qui attirait tous les regards des mâles dominants et dominés de la soirée parigote ultra-hype à laquelle j’avais été invité par erreur. Elle alla s’asseoir à côté de l’écrivain dont elle était l’attachée de presse, un vieux grisâtre fumotant une cigarette molle, qui, selon Simon, été passé près du Prix Goncroûte pour son précédent livre, et qui revenait avec sa nouvelle ‘Œuvre’ intitulée La carte et le territoire. Il se nommait Houellebock, je crois bien. Enfin, je suis pas sûr. Après tout, je n’étais ici que par erreur.

Normalement, je n’aurais jamais dû être ici, dans cet appartement grand luxe près des Grands Boulevards. Je n’aurais jamais dû avoir été capable d’entrer dans ce lieu de débauche dorée, cela aurait dû rester terra incognita pour moi. Je crois que la griserie apportée par le fait que moi, Michel Welkeb, ingénieur agronome, respire le même air que ces gens beaux, sûrs d’eux, sexuellement épanouis, m’a fait perdre la tête. Le champagne à volonté n’y était pas pour rien non plus. Tout ça pour dire que j’ai essayé de coincer la rousse (« salut, ça te dit un tour de manège ? »), et qu’encore une fois, je vais finir à me polir le chinois sur un site porno allemand où de grands blonds avec des queues de trente centimètres enviandent des asiatiques gémissantes. Vive la mondialisation.

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  1. août 21, 2010 à 5:57

    Ah ah ah, pas mal ça mon John !

  1. janvier 2, 2011 à 7:43

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