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Une citation de Conrad

août 20, 2008 Laisser un commentaire

Je tenais à faire partager une citation de Joseph Conrad, qui n’est finalement pas sans rapport avec la citation de Nietzsche du billet précédent…

Joseph Conrad

Joseph Conrad

« It’s extraordinary how we go through life with eyes half shut, with dull ears, with dormant thoughts. Perhaps it’s just as well; and it may be that it is this very dullness that makes life to the incalculable majority so supportable and so welcome. »

Joseph Conrad

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Gabriel Matzneff, l’enthousiasmant

août 16, 2008 Laisser un commentaire

Soyons des torches en feu.

Gabriel Matzneff

Je sors littéralement enthousiasmé de ma lecture de Comme le feu mêlé d’aromates par Gabriel Matzneff. Autant j’avais eu  récemment un peu de mal avec un de ces romans (cf. infra), autant je suis encore, à peine le livre refermé, ivre de la beauté des mots qui s’y trouvent écrits et agencés de la manière la plus élégante qui soit.

L’argument de cet essai, ou plutôt ‘récit’, de 1969, est, selon son auteur, une « réponse de l’orthodoxie à la crise du monde moderne » (p.170) – et effectivement, Matzneff nous parle de ses liens avec la religion, mais aussi de ses doutes, de sa vision de l’amour et de la sexualité, pas toujours conforme à ce qu’on attendrait d’un croyant orthodoxe. C’est un essai flamboyant, érudit, porté par un style rare.

Je pourrais prétendre vous faire un résumé en longueur de l’ouvrage, mais cela ne lui rendrait pas justice. Je préfère ainsi vous faire lire un extrait (p.151):

« Et toi, Méditerranée, mère des dieux, principe de génération, qui apportes la fraîcheur, toi qui apaises, qui pardonnes et qui oublies, toi où j’ai si souvent vogué vers de lointaines Héspérides, toi que j’ai sillonée en tous sens, continue de m’être propice; fais qu’au jour choisi par la divinité ce soit sur ton rivage que je m’endorme, parmi l’éternité verte de tes myrtes, m’abandonnant enfin aux filles à ailes d’oiseaux, démons consolateurs des abîmes marins, qui par leur chant harmonieux inspirent l’amour des choses célestes aux âmes errantes des trépassés; accorde-moi d’être dans la mort aussi heureux que, grâce à toi, je l’aurai été dans la vie. »

Gabriel Matzneff, Comme le feu mêlé d'aromates, ed. La Table Ronde, coll. La petite vermillon

Triste rentrée (littéraire)

août 12, 2008 7 commentaires

J’ai reçu la newsletter d’un grand site commercial sur internet m’avertissant de la parution prochaine des « grands livres de la rentrée littéraires ». Intrigué, je n’effaçais pas tout de suite le courriel (1): bien grand fut mon tort. Les grands livres de cette rentrée littéraire étaient ainsi le dernier Amélie Nothomb, intitulé Le fait du Prince, le nouveau Christine Angot, Le marché des amants, ouvrage dans lequel l’auteur raconte son histoire d’amour avec Doc Gynéco (sic), …etc. Il ne manquait plus qu’une publicité pour le prochain Millet (Catherine), Jour de souffrance, dont le titre est certainement une référence à la douleur qu’auront ses lecteurs à lire sa pénible prose le jour de sa sortie. Pas besoin de dire de quoi parle ce bouquin: c’est toujours un compte-rendu froid et clinique de la vie sexuelle de Mme M. – apparemment vue cette fois depuis le prisme déformant de la jalousie. Que du neuf.

Un nombre absurde et enflé de livres pour septembre

Un nombre absurde et enflé de livres pour septembre

Il est de bon ton de dénigrer la rentrée littéraire qui a lieu chaque année en septembre. Le nombre de livres qui sortent est ridicule, enflé, absurde (environ 700 ouvrages). C’est exactement pour ces raisons que j’aime la rentrée littéraire. C’est une sorte de rituel du monde littéraire français, et le fait que cela n’arrive dans nul autre pays rajoute pour moi une sorte de charme à cette stupide tradition.

Le problème est autre part; peut-être de la qualité des ‘auteurs’ que les grandes maisons d’édition nous proposent (Angot, Moix, etc.)? Celle des livres qui se retrouvent dès le premier jour de la rentrée en tête de gondole des centres commerciaux, librairies et autres FNAC? De l’insipidité absolue de ce qu’on nous vend comme étant de la  littérature aujourd’hui?

J’imagine que le pire dans tout ça est qu’il existe de grands auteurs.

J’ai peur qu’ils ne soient jamais publiés.

1- Soi-disant équivalent français d’ « e-mail », mais que personne (ou presque) n’utilise. Pas aussi ridicule que « pourriel » (i.e. spam).